TERRE DE FAIENCES
Potiers et faïenciers entre moyen âge et XVIIIe siècle
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François SIFFRE
a signé récemment une convention avec l'Agglo qui l'autorise à reproduire cinq copies de cinq pièces originales du musée des arts décoratifs Sabatier d'Espeyran. Il s'agit de pots d'apothicaires issus des ateliers Ollivier de la fin du XVIe siècle. Preuve que son savoir-faire, unique, est reconnu au plus haut niveau. Son travail sera ensuite exposé, du 31 mai au 12 juin, à la faculté de pharmacie de Montpellier.
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François Siffre, qui voue à la faïence de Montpellier un véritable culte, a vécu un instant de pur bonheur lorsqu'il a été autorisé à manipuler les originaux.
Il travaille, depuis, sans relâche pour atteindre la perfection. Ses copies, marquées du sceau du musée, se distingueront par leur taille. Elles seront légèrement plus petites afin de ne pas les confondre.
Après un relevé précis des cotes, François Siffre s'est mis à l'ouvrage. Un copiste du Louvre lui a confié le secret de fabrication des émaux à l'ancienne. Mais l'artisan bute encore sur la teinte d'origine. «Le blanc doit être bleuté mais pas trop.» Tel un alchimiste, il se livre, dans le secret de son atelier, à Sainte-Croix-de-Quintillargues, à de savants mélanges pour adoucir le violet de manganèse et le cobalt. «Les faïenciers utilisaient du cyanure dont le recours n'est plus possible.» Une centaine d'heures est nécessaire pour reproduire une pièce. Sans compter les recherches. Au terme de la convention, signée pour trois ans, François Siffre livrera ses secrets de fabrication qui constitueront un outil pédagogique pour le musée. L'artisan, dont les œuvres sont prisées des collectionneurs, espère un jour décrocher le statut de copiste officiel des musées nationaux. La faïence de Montpellier retrouverait ainsi son lustre d'antan.